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Le golf pendant la COVID

Quelque chose d’étrange s’est produit sur le chemin de cet article.

Le thème original était d’explorer comment les parcours canadiens font face aux innombrables défis de la réouverture au milieu d’une pandémie.

En discutant avec les responsables de parcours, j’ai entendu les explications habituelles d’envoyer des voiturettes avec un seul golfeur, d’imposer la distanciation physique à tout moment, des cauchemars de restauration, des annulations d’événements comme des tournois et des mariages, et ainsi de suite.

Ensuite, j’ai commencé à entendre des commentaires comme ceux-ci :

« La participation à nos ligues est à un niveau record et nos adhésions et adhésions juniors affichent une augmentation notable. » Michael Todd, président et directeur de l’exploitation du Legacy Ridge Golf Club à Owen Sound, en Ontario, voit un baume qui compense quelque peu la perte d’autres sources de revenus due à la COVID. Bien que son club (à l’origine le Owen Sound G&CC conçu par Stanley Thompson) fête ses 100 ans cet été, il n’y aura pas de fête du centenaire, mais les golfeurs pourront toujours jouer. En fait, plus de golfeurs que jamais, un thème que j’ai entendu à maintes reprises partout au pays.

« Le golf est de retour ! » exulte Scott Atkinson, chef de la direction de Play Golf Calgary Facilities, une société qui est propriétaire-exploitante de plusieurs terrains. « Les golfeurs jouent plus. Les golfeurs retrouvent leur chemin après des années sans jouer et beaucoup de gens se lancent dans le sport pour la première fois. La fréquentation de notre terrain normale-3 a doublé. Des tas de familles et beaucoup de couples jouent ensemble. C’est merveilleux ! »

Vous avez peut-être déjà entendu la phrase : « C’est un mauvais vent qui ne souffle sur personne. » C’est une expression qui fait référence à un événement malheureux, mais qui profite d’une manière ou d’une autre à quelqu’un.

Une explication plus claire et plus pertinente est fournie par Ashley Chinner, l’ancienne professionnelle qui travaille maintenant dans le secteur des assurances dans la région de Toronto. « J’ai parlé à un directeur de terrain public qui m’a confié que son horaire des départs était comblé tous les jours. Je déteste dire ça, mais la COVID pourrait être la meilleure chose à arriver au golf depuis Tiger. »

Il ne s’agit en aucun cas de diminuer l’impact négatif du coronavirus, qui a tué des centaines de milliers de personnes à travers le monde et affecté des millions d’autres. Cela démontre cependant qu’il y a une lueur positive dans son sillon.

L’adhésion au club semi-privé Granite Ridge à Milton, en Ontario, a augmenté de 30 % et les ligues sont plus fréquentées que jamais. Les heures de départ publiques sont réservées plusieurs jours à l’avance.

Scott MacLeod, membre de la PGA du Canada et directeur éditorial/éditeur associé de la publication Flagstick Golf, relate qu’un collègue du Nouveau-Brunswick lui a confié que le nombre de membres de son club était passé de 390 à 550 ce printemps. En fait, Golf Nouveau-Brunswick signale que de nombreux établissements de la province connaissent une augmentation à la fois des adhésions et des frais de jeu.

À Calgary, Rob Ward m’a dit que Willow Park G&CC avait vu 5 000 rondes en mai, comparativement à 3 700 durant le même mois il y a un an. Toujours dans l’ouest, Michael Turner rapporte de façon anecdotique que les parcours dans la région métropolitaine de Vancouver connaissent une « croissance exponentielle ».

En provenance du Manitoba, le golfeur et fin observateur du jeu, Jim Geruzzi, dit avoir entendu le même refrain de la part de divers clubs. « On dirait que les rondes jouées sont en hausse (20 % ++). Juste à temps aussi, car certains parcours étaient confrontés à des décisions difficiles avant la COVID. »

« Nous devons garder en tête que même en ces temps difficiles, nous sommes toujours un club de golf, » souligne Cory Johnson, directeur général du Breezy Bend Country Club à Headingley, au Manitoba. « Et cela peut être difficile lorsque vous ne pouvez pas socialiser de la même manière que vous le pouviez avant le virus. »

Johnson et son équipe ont adapté de nombreuses traditions pour faire face à notre nouvelle réalité qui est en constante évolution, et ce, avec un succès surprenant. Par exemple, l’assemblée générale annuelle s’est tenue par vidéoconférence et a connu le taux de participation le plus élevé jamais enregistré. Depuis l’ouverture du parcours le 3 mai, il a été plus achalandé que d’habitude avec tous les protocoles nécessaires en place.

Sean Joyce, directeur du golf au Mill River Resort de l’Île-du-Prince-Édouard, dit que l’adhésion junior a doublé et que les adhésions pour adultes sont également en hausse.

Mais il y a aussi des mises en garde COVID.

Ian Leggatt, l’ancien professionnel du PGA TOUR qui est maintenant directeur du golf au Summit GC de Richmond Hills, en Ontario, a vu une augmentation du nombre de membres parce que, selon lui, « les gens réaffectent les dépenses estivales qu’ils auraient probablement consacrées aux vacances. »

« J’ai prédit que ce [COVID-19] aurait un impact positif sur le golf. Maintenant, nous devons simplement rester ouverts et ne pas laisser la mauvaise conduite de quelques pommes pourries causer la fermeture des parcours. »

Ce n’est pas que du soleil et des arcs-en-ciel pour le personnel des parcours. J’ai entendu des histoires d’horreur sur des golfeurs, des membres de clubs privés et des joueurs publics, qui abusent du personnel et ignorent les protocoles de sécurité mis en place pour les protéger. En fait, une de mes connaissances a quitté son emploi à un club en raison des abus constants et du manque de soutien de la direction.

Ken Bruneski, le directeur du Nk’mip Canyon Desert Golf Course à Oliver, en Colombie-Britannique, est consterné de la façon dont certaines personnes profitent des nouvelles directives, comme en demandant des voiturettes individuelles même si elles sont arrivées au parcours dans le même véhicule. « Nous connaissons beaucoup de problèmes ici. Avec des heures de départ et des heures d’ouverture réduites, jumelées au nombre limité de voiturettes, nous constatons qu’il est impossible d’opérer notre ligue ou d’ouvrir complètement la grille des départs pour augmenter nos revenus. C’est plus qu’un peu frustrant. »

Et l’impact négatif sur d’autres sports et activités doit être reconnu. Ce sont à coup sûr les malheureuses et indignes victimes de ce « mauvais vent ». Les enfants ne peuvent pas jouer au softball ou au soccer, les personnes âgées ne peuvent pas jouer aux boules, les familles ne peuvent pas partir en voyage.

« C’est le seul sport en ville, » lit-on dans un gazouillis publié par le Pointe West GC de Windsor, en Ontario.

Un de mes dictons préférés vient de J.H. « Doc » Holliday, un comparse de Wyatt Earp bien connu pour ses frasques au OK Corral.

« La vie normale, ça n’existe pas, » aurait-il déjà déclaré.

« Il n’y a que la vie. Et vous en faites ce que vous pouvez. »

Telle est la vie — et le golf — à l’heure de la COVID.

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